Mot du directeur

Un dernier pas, un nouvel élan pour le FQD

Photo par Carl Lessard

Le Festival Quartiers Danses (FQD), que j’ai fondé en 2000, afin de mieux soutenir les artistes en danse et les chorégraphes d’ici et d’ailleurs, et d’offrir un accès à la danse de création contemporaine autant aux néophytes qu’aux connaisseur·euse·s, a toujours eu pour mot d’ordre la démocratisation. Le FQD a toujours porté une conviction : la danse est un langage universel qui appartient à tous·tes.

Le FQD est surtout une vitrine de la danse québécoise. Depuis ses débuts, il présente de la danse en contexte urbain pour la démystifier et amener le public dans les salles de spectacles.

Au fil des ans, le FQD a été un véritable précurseur dans la découverte et l’accompagnement d’une nouvelle génération de chorégraphes québécois·e·s et canadien·ne·s, dont plusieurs travaillent depuis plus de 15 ans et sont aujourd’hui reconnu·e·s pour leur signature unique et la diversité de leurs écritures chorégraphiques. Parmi eux·elles, on compte notamment Kyra Jean Green, Morgane Le Tiec, Helen Simard, Mélanie Demers, Andrea Peña, Cai Glover, Frédéric Gravel, Andrew Skeels, Elon Höglund, Tamara Barner, People Watching, Andrew Turner, Charles Brecard, Pauline Gervais, Nicholas Bellefleur, Véronique Giasson, Barbara Kaneratonni Diabo, Ivanie Aubin-Malo, Janelle Hacault, Béatrice Larrivée, Amara Barner, Dorotea Saykaly, Kristen Cere, Jason Martin, Jérémy Galdeano et Vera Kvarcakova, pour ne nommer qu’eux·elles.

Le festival a également contribué à faire connaître et à mettre en lumière de nombreux·ses artistes et figures majeures de la danse québécoise et canadienne, notamment Françoise Sullivan, Jeanne Renaud, Jean-Pierre Perrault, Margie Gillis, Angélique Willkie, Hélène Blackburn, Jeff Hall, Randy Glynn, Hélène Blackburn, , Pierre-Paul Savoie, Jane Mappin, Louise Bédard, Louise Lecavalier, Ginette Laurin, Angélique Wilkie, Peter Jasko, Lucie Grégoire, Helen Simard, Manuel Roque, Dulcinée Langfelder, Paul-André Fortier, Les Ballets Jazz de Montréal, les Grands Ballets Canadiens, Victor Quijada, ,  France Geofroy, Chantal Caron,  David Albert Toth, Jeffrey Hall, et Charmaine Leblanc, Zab Maboungou, Tony Chong et Carole Prieur, Marc Béland, Alix Dufresne et Sophie Faucher (danse-théâtre et performance), . Cette volonté de faire dialoguer les générations est au cœur de l’identité du FQD, qui s’est toujours intéressé autant aux artistes émergent·e·s qu’aux créateur·rice·s établi·e·s.

À ce jour, le FQD a présenté à Montréal plus de 350 chorégraphes (dont plus de 250 québécois, 15 canadiens et 65 internationaux), ainsi que plus de 1 800 interprètes, dans plus de 90 lieux, en salles comme à l’extérieur, rejoignant plus de 150 000 spectateur·rice·s. 

Son rayonnement dépasse toutefois largement les frontières du Québec. Au fil des ans, le FQD a également contribué à faire découvrir au public montréalais des artistes internationaux·ales de différentes générations, des figures établies aux créateur·rice·s de la relève, et à créer des ponts entre les scènes québécoise, canadienne et internationale. Par eux figurent notamment, Alex Neoral (Rio de Janeiro), Lève un peu les bras (Paris), Édouard Hue (Genève), Nelisiwe Xaba (Johannesburg), Kukai Dantza (Errenteria), ainsi que Marcos Morau, Sol Picó, Angel Duran, Marcos Morau, La Intrusa (Barcelone), Angelin Preljocaj et le Ballet Preljocaj (Aix-en-Provence), Thierry Malandain et le Ballet Biarritz (Biarritz), William Forsythe (Francfort Ballet),  Olof Ingolfsdottir (Reykjavik), Jacques Bana Yanga (Kinshasa), Lene Boel (Copenhague), Benjamin Millepied (Los Angeles/Paris), Sarah Hopfinger (Glasgow), Toula Limnaos (Berlin), Dominique Duszynski (danseuse et répétitrice de Pina Baush – Liège), Małgorzata Dzierron du Wroclaw Ballet, Wroclaw, Janusz Orlik (Opole) et Agata Zyczkowska (Varsovie),  parmi de nombreux autres.

Cette ouverture sur le monde ne se limite pas à la programmation. Le FQD joue également un rôle actif dans le développement et le rayonnement des carrières artistiques au-delà du territoire québécois. Il est l’un des rares festivals canadiens à encourager concrètement la tournée des artistes québécois·se·s et canadien·ne·s à l’étranger, notamment en organisant des rencontres entre artistes et diffuseurs. Ces échanges ont mené à des collaborations et à des tournées internationales bilatérales avec des partenaires en Italie, au Royaume-Uni, en Irlande, en Slovénie, en Chine, au Japon, en Corée du Sud, en Allemagne, en France, en Espagne, en Islande, au Brésil, au Panama et dans plusieurs autres pays. 

Depuis ses débuts, le FQD accorde également une place importante à l’écriture chorégraphique féminine, qui constitue une part majeure de sa programmation. Cette attention portée à la diversité des voix, des parcours et des pratiques artistiques s’inscrit dans la volonté plus large de faire du festival un espace de rencontre, de dialogue et de représentation.

Son département de médiation culturelle a été fondé en 2013, pour amener la danse à un public qui n’y a pas accès, dans les centres sociaux, communautaires, de santé et éducatifs. À travers ses activités, le FQD a présenté plus de 1300 ateliers à plus de 17 000 participant·e·s..

Depuis 2005, le FQD offre également des espaces de développement professionnel pour le milieu de la danse, notamment à travers des résidences d’artistes, des tables rondes portant sur des enjeux importants pour le secteur et des classes de maître et des ateliers avec des artistes locaux et internationaux. Ces initiatives permettent de favoriser la transmission des savoirs, la réflexion collective et les échanges entre les différentes générations d’artistes et de professionnel·le·s. 

Sans oublier que depuis 2007, le FQD présente une programmation cinéma-danse consacrée à la danse de création. Majoritairement québécoise, mais aussi internationale, cette programmation fait voyager les films à travers le monde grâce à la force reconnue de nos réalisateur·rice·s montréalais·e·s.  Le FQD possède également une collection d’une vingtaine de coproductions cinématographiques locales qui continuent de circuler à l’international année après année, contribuant ainsi au rayonnement de la création québécoise au-delà des frontières.

Cette année, la 24e édition du FQD comprendra 50 chorégraphes au total, dont 42 québécois, 3 canadiens et 5 internationaux et 100 interprètes, et inclura notamment un Focus Asie. 

Le FQD mettra de l’avant plusieurs artistes locaux autant établis que de la nouvelle génération, tels que Margie Gillis, Lina Cruz, Louise Bédard, Sandy Silva, Hélène Blackburn, Kyra Jean Green, Morgane Le Tiec, Andrea Pena, Cai Glover, Tentacle Tribe, Pauline Gervais, Nicholas Bellefleur, Janelle Hacault, Béatrice Larrivée, Jason Martin, Jérémy Galdeano, et Shawn Hounsell. Le FQD présentera aussi plusieurs artistes phares de l’international, dont Sonia Gomez (Barcelone), Liam Francis (Londres), Yasushi Kurotaki (Tokyo), Ji Jie, et KT-Yau Ka-Hei (Hong Kong).

Le FQD offre « une trajectoire dansée » à travers Montréal en présentant des spectacles dans de nombreux lieux en salles, tels que La Cinquième salle de la PDA, l’Usine C, l’ONF, le centre SANAAQ, la BAnQ, la salle Émile-Legault, et le Monastère, et à l’année au MAC, au CCA et au Centre Phi. En plus de lieux à ciel ouvert comme les Jardins Gamelin, la Place des Festivals, la rue Sainte-Catherine devant l’Esplanade Tranquille, le Marché Atwater, la Place du Village, le Belvédère Kondiaronk du Mont-Royal, et finalement la Place d’Armes.

Aujourd’hui, notre monde est traversé par de profondes fractures. Les violences, les replis identitaires, un capitalisme toujours plus radical et les bouleversements climatiques mettent notre humanité à l’épreuve. Face à ces défis, je demeure convaincu que l’art est plus essentiel que jamais.

La danse ne prétend pas changer le monde à elle seule, mais elle nous invite à le regarder autrement. Elle questionne, rassemble, éveille et nous rappelle que l’espoir est un mouvement, une énergie qui se transmet. L’art et la danse sont des messagers de l’espoir pour un monde meilleur.

Cette 24e édition revêt pour moi une signification toute particulière. Je la vis comme la célébration d’une extraordinaire aventure humaine et artistique, mais aussi comme l’aboutissement d’un long parcours consacré aux artistes, à la danse et aux publics. Rien de tout cela n’aurait été possible sans la confiance des artistes, la fidélité du public, le soutien de nos partenaires, ainsi que l’engagement remarquable de notre équipe, des huit membres du conseil d’administration, des quatre co-gouverneurs et de nos bénévoles. Je souhaite aussi remercier les trois paliers du gouvernement pour leur soutien. À toutes et à tous, j’adresse ma plus profonde gratitude.

Je pars avec le sentiment du devoir accompli, sachant avoir contribué à former et à accompagner une nouvelle génération qui pourra prendre la relève du Festival et assurer sa pérennité.

Aujourd’hui est pour moi une façon de célébrer tout ce chemin parcouru, mais surtout de le partager une dernière fois avec vous. Merci d’avoir dansé ce chemin avec nous, d’avoir fait confiance aux artistes et d’avoir, année après année, donné au Festival sa raison d’être.

Du 9 au 19 septembre, je vous invite à vivre le FQD en salles et dans plusieurs lieux emblématiques de Montréal, mais aussi à ciel ouvert, au cœur de la ville. Venez partager avec nous ces moments de réflexion, de beauté, de liberté et d’émotion. Que vous soyez petits ou grands, fidèles ou nouveaux festivalier·ère·s, laissez une fois de plus la danse vous surprendre, vous émouvoir… et vous éblouir.

Rafik Hubert Sabbagh 
Fondateur, Directeur Général et Artistique du FQD
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