C’est sous le thème des Bâtisseurs que le Festival Quartiers Danses (FQD) a lancé sa programmation en salle de sa 15ème édition, le 14 juin dernier. Un thème qui n’est pas sans rappeler la force de la collectivité et l’énergie derrière les idées créatrices qui ont forgé l’identité du FQD.

Par Rose Carine Henriquez

Rafik Hubert Sabbagh, le directeur général et artistique du festival le mentionne: une grande partie des artistes ont déjà participé aux éditions précédentes, et y ont fait leurs premiers pas pour certains. Ils reviennent avec de nouvelles créations afin de célébrer un festival marqué par l’audace. « C’est oser prendre des risques dans des quartiers qui sont souvent vierges en matière de danse contemporaine. Oser aller en dehors de sa zone de confort, du public déjà gagné d’avance », s’exprime la co-gouverneure du festival Louise Harel en parlant du FQD.

Quinze années, ça se construit doucement et c’est long dans la vie d’un festival, qui est souvent soumis aux aléas financiers et humains. En quinze ans, le FQD a eu le temps de se transformer, mûrir, d’oser et de bâtir. Artistes et chorégraphes sont les artisans de la mission du FQD qui est de démocratiser la danse contemporaine.

À travers cette programmation qui réunit 25 chorégraphes et 62 danseurs-interprètes, on se rend compte que la danse bâtit des ponts, des identités, des utopies vraisemblables et des portraits de société.

Dans les « Regards croisés » entre Montréal, Madrid et Barcelone qui donne trois soirs de spectacles, on retient l’ouverture du festival et la sensibilité des imaginaires multiples. Dans la soirée sous le thème « Regards de femmes », on retrouve des créations qui questionnent l’identité, la collectivité et les croyances. Plongeant dans la diversité avec des artistes locaux et dans l’éclectisme avec des chorégraphes qui portent en eux les influences du monde, le festival touche plusieurs enjeux : la maladie mentale, le handicap d’un danseur, notre rapport au temps.

Et ce n’est qu’une partie de ce que le festival aura à offrir, car le volet urbain sera dévoilé en août. Il s’agit aussi de créer des espaces de rencontre, de sortir la discipline du carcan familier des salles, de le rendre accessible à tous. De laisser la danse trouver son public, peu importe où il se trouve, car lui aussi il est bâtisseur et participe à la construction d’une mémoire. Dans les découvertes, les rétroactions, les émerveillements, et les critiques, le public participe aux mêmes remises en question que les créateurs.  

Photo : Romain Lorraine Photography