Comme dans chaque édition du festival Quartiers Danses, les générations se côtoient. Les créateurs aguerris et les jeunes créateurs partagent une vitrine de choix pour leurs œuvres, comme Jane Mappin, une habituée du FQD depuis 2004. Dans le milieu de la danse depuis une trentaine d’années, on la retrouve dans quatre spectacles en septembre prochain.

Je rencontre Jane pour la première fois à l’École supérieure de ballet du Québec. Je suis là pour assister à une répétition et non pas la moindre : une première rencontre avec les musiciens qui interpréteront les pièces musicales structurant If only for a short time, un spectacle en quatre temps, présenté en programme double avec Ils m’ont dit, le 17 septembre.

Bien que la forme du spectacle ne soit pas encore arrêtée, assister à cette prémisse, c’est comme voir en même temps toutes les possibilités se dévoiler. Comme dans le solo de l’interprète Daniel Firth sur Spiegel im spiegel dans lequel on observe un réel dialogue entre le mouvement et la musique. Habituée à avoir un compositeur pour ses créations, c’est un défi pour Jane de travailler des pièces établies qu’elle a mis longtemps à choisir.

« Je suis habituée à avoir la musique créée pour ce que je fais. Alors comme ça j’entre dans le studio et j’ai la liberté complète et je crée la danse. »

Au contraire d’Ils m’ont dit, qui traite des défis de gens souffrant de maladie mentale, If only for a short time relève de l’instinct, sans thématique particulière.

C’est avant tout une création pensée pour la salle Bourgie du musée des Beaux-arts de Montréal qui possède une acoustique unique. La chorégraphe voulait que les musiciens autant que les danseurs soient à l’avant plan. « Pour moi, il s’agit d’un retour en arrière, travailler la musique et le mouvement comme j’ai fait dans ma vingtaine. » Retour aux sources pour la chorégraphe qui arrive souvent en studio avec une idée pas nécessairement définie et construit à partir de cela.

Présents à la répétition, Stéphanie Hamelin (violon) et Jonathan Brizuela (piano) découvraient pour la première fois les corps dansants de Mappin et de Firth sur Petricor, une des pièces qu’ils devront interpréter avec leur collègue Guillaume Côté (violoncelle). Rencontre de deux mondes et de deux langages différents. Bien qu’ils ne soient pas les compositeurs du spectacle, ils sont là pour mettre le chorégraphe face à des choix, participer à la création. Cette première rencontre l’a révélé dans les discussions qui ont eu lieu. Il y a également une question d’appropriation. Le rendu ne sera jamais celui d’une musique enregistrée, comme l’a souligné Stéphanie.