Je crie !
Un cri d’alarme pour faire entendre ma voix, dans le temps du désastre.
Car, ce qui se passe dans le monde étonne souvent.
Souvent, on s’émeut devant un post sur les réseaux sociaux. Les inégalités, l’outrance, les préjugés, la calomnie nous ravagent. Mais lorsque l’on se retrouve face-à-face avec la même injustice, que fait-on ?
On prend son téléphone et on fait un selfie pour publier un autre post qui fera le buzz. Sommes-nous possédés ?
On se plaint de la famine dans le monde, alors que chaque jour les poubelles des restaurants et des hôtels de luxe fourmillent de bonnes choses qui n’ont pas encore atteint leur date de péremption.
On dit que les pays du sud sont pauvres, qu’ils sont la misère du monde, mais pourquoi tous ces expatrié.e.s et ces multinationales ne sont jamais pressé.e.s de revenir, une fois qu’ils atterrissent là-bas ? Pourquoi tous ces politiciens des pays du sud se battent pour se retrouver aux affaires, eux non plus, jamais pressés de quitter cet « enfer »? La vie humaine est sacrée. Pourtant, nous vivons une autre réalité.
Conjurant le sort et la pandémie, Hélène Blackburn accepte l’invitation des Grands Ballets à créer une pièce. En ces temps de rencontres rares et fortuites, la chorégraphe plonge avec plaisir dans l’univers de ces danseurs d’exception.
Vive et précise, sa danse toujours en quête de virtuosité se déploie dans le temps et l’espace à travers des moments de plaisir et de rencontres impromptues.
À l’instar des fêtes païennes qui ont marqué l’imaginaire des pandémies passées, cette petite « Fête sauvage » nous rappelle combien l’appel de l’autre peut se faire irrépressible. Sur des musiques du groupe Dear Criminals, « Fête sauvage » nous convie à autant de minutes de bonheur que de plaisirs volés cela pour oublier et nous replonger pour quelques brefs instants dans le paradis perdu de la vie d’avant.
Fukuoka résume l’essentiel de la démarche que poursuit depuis plusieurs années le chorégraphe Marcos Morau au sein de sa compagnie, La Veronal. Celui-ci s’est engagé dans une quête formelle de raffinement sans pour autant renoncer à l’inorganique et au grotesque; au rythme et à l’arythmie; au beau et au monstrueux. Dans cette oeuvre, Morau apporte une touche de flamenco à une gestuelle abstraite et dynamique, rejetant du même coup toute trame narrative et permettant aux deux danseurs de se noyer dans la forme. Collision entre flamenco et danse contemporaine, choc de deux univers qui se nourrissent et se complètent, cet exercice de style entraîne le public au coeur même de l’univers du chorégraphe.
“The Man Who Travelled Nowhere in Time” est une œuvre qui s’articule autour d’un jeune homme nommé Eytan. Eytan voit le monde autour de lui changer, évoluer et grandir, mais lui-même ne change jamais. Son voyage est une quête pour comprendre pourquoi il ne vieillit pas et ne meurt pas comme les gens qui l’entourent. Ce qu’il ignore, c’est qu’il n’existe que dans les rêves et l’inconscient des autres. Chaque jour, il voit arriver des gens qui traversent un couloir. Ce couloir est un lieu entre la réalité et l’inconscient. Ce n’est qu’à cet endroit qu’il se trouve dans le même temps et le même espace que les autres personnes qui l’entourent.
Montagnes, forêts, je vous salue !
Je vous salue du fond de mon cœur.
Ce que la bête du monde détruit,
Sa vue est trompée, déconcertée par le mensonge, assourdie par l’odieux:
Vous reviendrez à la vie, vous ressusciterez, vous vous rétablirez et vos plaies seront guéries.
Ce spectacle ne parle de rien. Rien d’important. En fait, ce n’est même pas une représentation… Il s’agit plutôt d’une impression… de ces petits bonheurs ordinaires de la vie: de la splendeur qu’il y a à s’allonger dans l’herbe, à observer le ciel et les arbres.
SOMA questionne le corps humain autant dans ses possibilités que dans ses limites. Utilisant un mannequin comme métaphore de l’humain dans sa perfection, cette oeuvre questionne notre relation à la beauté. Tels des mannequins de plastique, nous sommes devenus plus froids et tels des robots, nous devenons de plus en plus automatisées. SOMA remet en question notre vénération de la beauté extérieure et plastique au dépens de notre beauté intérieure et de nos valeurs. Ainsi, nous perdons lentement, mais sûrement, ce qui fait de nous des êtres humains…