Ouvre mes yeux est un solo immersif de danse contemporaine porté par l’artiste queer Charles-Alexis Desgagnés, interprète-chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Personne Danse. L’œuvre se déploie dans le lieu de résidence réel du créateur, Chez Personne, un loft d’artiste situé en plein cœur de Montréal.
L’extrême proximité du public les invite à iels-mêmes faire partie à part entière de cette exploration et, peut-être, à faire battre leurs cœurs d’une étrange sensation d’intimité. Le public est libre de se déplacer dans l’espace à tout moment et devient maître de son expérience.
Juxtaposant la scénographie naturelle du loft, la lumière organique du soleil et le corps dansant métamorphe de l’artiste, Ouvre mes yeux explore les codes d’une identité queer semblant soit être associée à un divertissement superficiel, soit à une hypersualisation transactionelle ou alors ancrée dans un cathartique éveil spirituel. Que faire avec cette garde-robe de costumes sacrés?
Ouvre mes yeux est le balbutiement d’un nouveau cycle de création solo dans lequel Charles-Alexis, mi-trentaine, affine et développe les corps chorégraphiques de sa dernière oeuvre, L’appel des braises (2023), tout en leur insufflant une nouvelle couleur inspirée de ses récents voyages intérieurs au coeur des plantes médicinales psychédéliques.
War Pyramid, de la chorégraphe irano-canadienne Elahe Moonesi, est une exploration saisissante du pouvoir, du traumatisme et de la résistance. Entrelacs de mouvements symboliques, de traces documentaires et d’imaginaires mythologiques, l’œuvre se déploie sous des pyramides miroitantes, évoquant contrôle et enfermement. La chorégraphie stratifiée de Moonesi refuse de représenter la guerre de manière frontale, préférant dévoiler les architectures émotionnelles qu’elle laisse derrière elle. Un appel viscéral et poétique à la vigilance et à l’empathie.
Mémoire, incarnation, domination
L’artiste canadienne d’origine philippine et française Janelle Hacault apporte sa riche expérience multidisciplinaire à Kapwa, un solo de 15 minutes inspiré d’un pèlerinage sur la terre de ses ancêtres. Connue pour son travail sur scène, à l’écran et au cirque, Janelle Hacault se penche sur les questions d’identité, de féminité et d’appartenance. S’inspirant de la valeur philippine « Kapwa », l’interconnexion de tous les êtres, elle réimagine une façon d’être au-delà du patriarcat et du capitalisme. Cette performance intime devient un rituel de souvenir et de renouveau, semant l’espoir ancestral dans le sol de la transformation personnelle et collective.
Identité, héritage, espoir
Interprète singulière issue de Kuujjuaq et collaboratrice de compagnies de renom comme RUBBERBAND et Batsheva Ensemble, Béatrice Larrivée livre ici une performance intime et puissante. À travers un langage corporel empreint de contraintes et d’instinct, Brièvement explore le poids invisible des choix que l’on subit ou que l’on croit faire. Entre abstraction et narration, cette œuvre soulève des questions universelles autour de la solitude, de la peur et de la liberté, tout en plaçant le corps au centre d’une quête profondément humaine.
Narration, intimité, poétique
Cai Glover présente sa nouvelle création Oh mother, oh brother. En tant qu’artiste sourd, Cai Glover façonne un langage chorégraphique profondément sensoriel, où le corps devient lieu d’écoute et de résonance. Sa manière singulière d’entendre nourrit un geste viscéral, chargé d’émotions et traversé par une poésie brute. Ses créations, tendues entre fragilité et intensité, s’inscrivent dans une quête constante de lien — avec soi, avec l’autre, avec le silence.
« My love is gestic / And my hands are tied » murmure une voix dans l’ombre, entre révolte et abandon. Ce vers, tiré d’un poème écrit par l’artiste, résonne comme un manifeste pour une danse qui dit l’invisible, interroge l’identité, et expose la mémoire du corps.
Captivant, inventif, contemporain
In Tandem nous plonge dans un univers de duos iconiques, où l’amour, le désir et la connexion profonde se dévoilent à travers le mouvement.
Conçu par Małgorzata Dzierżon, directrice du Ballet de l’Opéra de Wrocław – reconnue pour son travail avec Rambert et le Royal Danish Ballet – ce programme réunit des œuvres de deux grandes figures de la chorégraphie polonaise : Małgorzata Dzierżon et Jacek Tyski, ainsi que des extraits du répertoire actuel, incluant une création de l’acclamée Annabelle Lopez Ochoa et Javier De Frutos.
Un programme raffiné, interprété par des artistes récompensés.
Physique, captivant, diverse