On soulignait ce samedi 29 avril la journée internationale de la danse. Depuis 1982, on rappelle à quel point celle-ci, dans toutes ses déclinaisons et formes diverses, est une clé de compréhension de notre vie, de notre corps et de notre sensibilité. Cela m’a donné envie d’écrire sur l’une des branches de cette discipline dans laquelle Montréal bouillonne de créativité : la danse contemporaine.

Par Rose Carine Henriquez

Il y avait aussi l’envie d’écrire aux amateurs de danse contemporaine, spectateur ou danseur non professionnel. Également, à ceux qui découvrent, mais qui ne donnent pas de seconde chance à cause de l’accusation ultime : l’abstraction. Assister à son premier spectacle de danse contemporaine, c’est avoir le sentiment de ne rien savoir. Un ressenti dérangeant pour certaines personnes habituées au contrôle et à la compréhension immédiate des choses.

Danser pour la première fois dans un atelier de contemporain, c’est accepter que son corps existe dans un espace qui lui est propre et prendre conscience du droit d’habiter cet espace. Vertigineux pour ceux et celles habitués à raser les murs, à se faire transparents, petits, invisibles. Je m’inclus dans ce groupe.

En 2017, peut-on n’apposer qu’une seule définition de la danse contemporaine, forte de son histoire et des bouleversements ? Continuité de la danse moderne, elle s’actualise en permanence selon la professeure à l’École de danse contemporaine de Montréal Sophie Corriveau. « C’est la danse de notre époque. Elle se nourrit de l’expérience et de la personnalité de ceux qui la vivent et qui la construisent. » Elle est aussi influencée par ce qui l’entoure (arts numériques, arts visuels, théâtre) agissant comme un lieu de métissage en mutation constante.

Les danseurs doivent être sensibles à cette polyvalence de médiums, mais aussi aux techniques associées à la danse contemporaine.

Ce qui passe par l’apprentissage est personnel d’un professeur à un autre. Sophie Corriveau avoue qu’elle enseigne à partir de l’histoire de son propre corps et de sa formation classique.

« J’enseigne dans le but d’amener ces danseurs à avoir un corps fort. La danse contemporaine n’étant pas une seule chose, il faut que le corps soit prêt. »

Elle ne possède pas de grammaire définie selon l’enseignante. Elle est multiple, caractérisée autant par la personne créatrice que la personne qui la reçoit. Ce qu’il est possible de puiser dans cette discipline est infini, car elle appartient à tout le monde, comme le souligne Sophie Corriveau. De l’enfant qui danse avant même de savoir parler aux danseurs des plus grandes compagnies.

« C’est un art, mais c’est aussi une activité physique, déclare Mme Corriveau. Elle peut libérer la créativité inerte que l’on porte en soi. Elle permet de s’exprimer et de développer son sens artistique. » On expérimente la spontanéité et le lâcher-prise. « Si on prend un atelier comme non-danseur, on va partager une énergie avec les autres. C’est un espace pour s’amuser et un espace social. » Dans cet espace, exit l’âge, sa corporéité, son historique en danse. Les possibilités sont multiples et se déclinent à travers les messages du Regroupement québécois de la danse.

Du côté du public, il faut apprendre à être plus indulgent, surtout avec soi-même. « Pour celui qui découvre, il ne faut pas essayer de comprendre, mais se mettre en état de recevoir par ses sens. Les clés de lecture se situent à l’intérieur même du spectateur et il faut qu’il fasse confiance à son propre instinct et à sa capacité de ressentir. »